Dans un de mes articles précédents, je déplorais le peu d'intérêt que les populations et les médias africains en particulier accordent aux résolutions et autres décisions prises lors des Sessions ordinaires des Conférences des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union.
Ce samedi 5 et dimanche 6 février s'est tenue à Addis Abeba en Éthiopie, la 35ème Session ordinaire de l'Union Africaine, ce fut l'occasion pour le Sénégal de prendre la présidence tournante de l'Union pour une durée d'un an. Les médias qui ont couvert l'événement ont abondé sur les discussions portant sur la recrudescence des coups d'État en Afrique, la polémique sur le statut d'Israël au sein de l'Union et le bilan du président sortant de l'Union, le président Congolais Félix Antoine Tshisekedi.
On peut noter aussi l'appel fait par le président Éthiopien, Ahmed Abiye, qui invite l'Union à se doter d'un média panafricain pour couvrir l'actualité du continent et en finir avec le traitement peu reluisant que font les médias occidentaux à l'endroit du continent. Ce qui a le plus retenu mon attention lors de cette Session ordinaire de l'Union Africaine c'est le discours du président Macky Sall.
Extrait :
"L’urgence de paix et de sécurité nous rappelle notre responsabilité particulière dans la lutte contre le terrorisme, le règlement pacifique des différends entre pays membres, et la prise en charge des situations de crises internes.
Nous ne pouvons détourner nos regards de toutes ces vies perdues, ces familles endeuillées, ces millions de personnes déplacées ou réfugiées, ces écoles et structures de santé fermées et ces cohésions sociales désintégrées.
Les antagonismes dispersent nos efforts et nous retardent sur le chemin du développement. Le bon sens commande de faire taire les armes et construire une culture de dialogue et de concertation dans le cadre des mécanismes africains de résolution des conflits.
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Nos urgences sont aussi économiques. L’Afrique continue d’accuser du retard dans le domaine du développement malgré ses énormes potentialités : 30 millions de km2 ; plus d’un milliard trois cents millions d’habitants ; d’importantes réserves en eau et hydrocarbures ; 60% des terres arables non exploitées du monde ; 40% des réserves d’or ; 85 à 95% des réserves de métaux du groupe du chrome et du platine ; 85% des réserves de phosphates ; plus de 50% des réserves de cobalt et un tiers des réserves de bauxite.
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Du reste, dans sa grande majorité, notre continent progresse. Les gouvernements sont à la tâche. Il y a une jeunesse créative qui entreprend et réussit. Des millions d’hommes et femmes travaillent, investissent et créent de la richesse.
Toutes ces énergies positives contribuent à la transformation structurelle du continent, en faisant émerger l’Afrique des infrastructures routières, autoroutières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires ; l’Afrique des centrales électriques, de l’agro business, des plateformes industrielles et numériques.
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Si le destin de notre continent se joue entre nos mains, il reste aussi tributaire d’une gouvernance politique, économique et financière mondiale qui fait peu de place à nos pays.
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Nos économies sont sous financées, parce que des règles et procédures rigides entravent l’accès de l’Afrique à des prêts consistants de longue durée, et à des conditions soutenables, pour le financement de son développement.
Nos économies sont aussi mal financées, parce qu’elles continuent de payer des taux d’intérêt trop élevés, à cause d’un système inéquitable d’évaluation du risque d’investissement en Afrique.
A titre d’exemple, en 2020, alors que le monde entier subissait de plein fouet l’impact de la COVID-19, 18 des 32 pays africains évalués par au moins une des grandes agences d’évaluation ont vu leur notation dégradée ; soit 56% contre une moyenne mondiale de 31%.
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Avec le soutien de la Commission, il me parait nécessaire de mettre en place une task force de l’Union pour étudier la problématique du financement de nos économies, y compris par la réforme des règles de l’OCDE y afférentes, la création d’une Agence panafricaine de notation et la mise en place d’un Mécanisme de stabilité financière sur lequel la Banque Africaine de Développement travaille déjà.
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Notre continent ne saurait être la chasse gardée des uns contre les autres. Nous sommes ouverts à tous les partenariats, sans exclusion, ni exclusivité, pourvu qu’ils soient mutuellement bénéfiques et respectueux de nos priorités de développement et de nos choix de société.
La restitution de notre patrimoine spolié restera au coeur de notre agenda, parce qu’il fait partie intégrante de notre identité civilisationnelle ; c’est ce qui nous relie à notre passé et forme le viatique que nous devons léguer aux générations futures.
L’Afrique que nous voulons bâtir ne peut faire l’impasse sur son héritage culturel.
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